Note ajoutée le 25 juin 2019: "Elle n'est pas mon type" Donald Trump.

Introduction: J’ai finalisé l’écriture de « Et tu chantes plus haut! » le 27 novembre 1997. En ce 27 novembre 2017, je le publie pour la première fois sur le site de Ronde-et-Bleue. Pourquoi maintenant? Parce que « Et tu chantes plus haut! », c’est un peu comme si j’avais anticipé, il y a 20 ans, la naissance de ce salutaire et incompressible mouvement mondial de Libération des Femmes qu’est le Mouvement #MeToo.

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Écrit le 27 novembre 1997
Publié sur Ronde-et-Bleue le 27 novembre 2017

Dédicace ajoutée le 6 décembre 2017 : À mes filles Aude et Elsa

Et tu chantes plus haut!

À l'Honorable Pauline Marois, Ministre de l'Éducation, Gouvernement du Québec.
À l’Honorable Paulette Missambo, Ministre d’
État à l’Éducation nationale et à la Condition féminine de la République du Gabon.

« Si jamais un jour le monde voit les femmes s’unir
purement et simplement pour le bénéfice de l’humanité,
ce sera un pouvoir que le monde n’a jamais connu. »
Matthew Arnold

Nous appartenons toutes et tous au même groupe affectif terrestre. L’affectif, c’est le domaine du coeur. C’est dans ce domaine que le sens des choses prend racine, ce qui revient à dire que ce qui donne aux choses un sens, c’est le coeur.

Le domaine du coeur est habité par un certain nombre d’éléments que nous toutes et tous, Terriennes et Terriens, partageons en commun. L’émerveillement n’a pas de « couleur », la compassion pas de culture, la curiosité et le dépassement pas de langue, le courage pas d’âge. Nous avons même en commun des différences. Par exemple, dans toutes les civilisations, toutes les cultures et toutes les langues, la voix de la femme chante plus haut que celle de l’homme. En fait, la voix féminine n’est pas simplement plus aiguë que celle de l’homme, elle l’est toujours dans le même rapport, l’octave.

Il n’est pas besoin d’être musicienne ou musicien professionnel(le) pour réaliser ce qu’est l’octave. Si vous fredonnez une mélodie dont la ligne, à un endroit donné, vous amène à monter vers une note trop aiguë pour votre voix, automatiquement, instinctivement, vous allez changer de note, et, invariablement, la note vers laquelle votre voix va vous conduire se situera une octave plus bas que celle que vous ne pouvez pas chanter. De la même manière, si une mélodie vous amène à descendre vers une note trop grave, votre voix va sauter vers l’octave aiguë sans même que vous y pensiez. Cette aptitude inhérente à notre perception auditive, on pourrait l’appeler « l’instinct de l’octave ». Il n’est donc pas surprenant que, dans toutes les cultures musicales du monde, l’octave joue un rôle central. Dans tous les systèmes musicaux, l’octave est d’ailleurs le seul intervalle juste.

Un son qui est à l’octave aiguë d’un autre vibre très précisément deux fois plus vite que cet autre. L’octave obéit donc à la loi universelle du principe d’altérité et correspond de ce fait, selon la perspective, au rapport vibratoire 2 / 1, de l’aigu au grave, ou 1 / 2, du grave à l’aigu. La portée symbolique de cette particularité vibratoire qui nous est propre n’a rien à voir avec la correspondance que l’on peut établir entre la voix de femme et le chiffre « 2 » d’une part, la voix d’homme et le chiffre « 1 » d’autre part. Dans le domaine de l’affectif, la hiérarchie n’existe pas. Ce qui importe, c’est l’existence d’une relation de complémentarité dans laquelle le sens de l’un(e) se trouve dans l’autre, et vice-versa. L’octave aiguë, « 2 », n’existe que dans la mesure où « 1 » existe. « 2 » n’est pas un son, c’est une relation à un autre son. Vu sous cet éclairage, l’instinct de l’octave évoqué plus haut pourrait tout aussi bien s’appeler « l’instinct du « deux ». Et, par extension, le deux pouvant être vu comme l’autre par rapport au soi, on aboutit ainsi à constater l’existence chez tous les êtres humains d’un véritable « INSTINCT DE L’AUTRE ».

« Nous ne pouvons nous passer les uns des autres,
et si nous essayons, nous perdons le goût de vivre ». (Lewis Thomas)

À la naissance, toutes les voix sont à « 2 ». Le mode de vibration des cordes vocales, mode dit biphasé, est le même pour la voix de fille et la voix de garçon. Ce n’est qu’à la puberté que les cordes vocales mâles passent en mode monophasé, ce qui fait descendre la voix d’une octave. L’explication physique de ce changement n’en donne pas pour autant le sens. Cela n’explique pas non plus pourquoi chez la femme, toute la vie durant, le mode vibratoire des cordes vocales est constant. Nous savons cependant que, dans de nombreux domaines de l’activité humaine, la constance sert de référence. Une constatation s’impose alors :

La voix féminine est la référence vibratoire de l’espèce humaine.

La Nature fait bien ce qu’elle fait. Si la Vie a pris soin de faire de la voix féminine la référence vibratoire de l’humanité, il est permis de croire qu’elle aura aussi pris soin de munir cette humanité d’un outil fait sur mesure pour y répondre, un outil dont la réponse en fréquence serait remarquablement bien adaptée à la voix féminine. Cet outil existe, bien sûr, et il existe même dès avant notre naissance. Cet outil complémentaire de communication par excellence, c’est notre oreille. En fait, lorsqu’un(e) enfant(e) naît, il ne se trouve en elle ou lui, qu’une seule partie de son corps dont le développement physique est achevé : l’oreille interne. Ce qui rend donc très particulier le fait que la voix féminine sonne une octave plus aiguë que la voix d’homme, c’est que cela se situe dans une bande fréquentielle à laquelle notre oreille est plus sensible. Une autre constatation s’impose alors :

L’oreille invite l’humanité à se référer à la voix féminine.

Et l’invitation n’est pas nouvelle. En effet, toutes et tous, nous avons été fœtus. Notre premier contact avec le monde extérieur, avec l’autre, c’est de la voix féminine qu’il vient.

La source du soi ne se trouve que dans l’autre.

C’est dans la voix de la mère que la mémoire affective de l’humanité s’ancre le plus profondément. C’est donc par la voix féminine, dans la découverte de l’autre en tant qu’entité extérieure au soi, que le soi se reconnaît et se définit, que la notion d’identité prend forme. Une troisième constatation s’impose alors :

Notre découverte de l’autre passe par la voix féminine.

La référence vibratoire de l’humanité, la voix féminine, celle qui chante plus haut, celle par qui le soi s’affirme dans la découverte de l’autre, cette voix de référence, c’est un pont. Et la fonction première d’un pont, c’est d’être trait-d’union, d’unir. « Les femmes sont depuis toujours un trait d’union...Si nous voulons voir le 21ième siècle et vivre au-delà, nous devons prendre modèle sur elles ». (Joan Martin-Brown)

L’avenir de l’humanité est dans le coeur de celles qui chantent plus haut.

S’accorder sur la référence vibratoire de l’humanité, n’est-ce pas « prendre modèle sur elles », les femmes du monde entier! Ronde-et-Bleue annonce la naissance d’une solidarité authentiquement planétaire. Sa venue est inéluctable car nous en avons besoin. Pour l’humanité, elle est affaire de survie, et donc, par instinct, tous les éléments que sa naissance requiert sont déjà en train de fleurir. Il suffit maintenant de les regrouper et de leur donner un sens, une orientation affective qui viendra les aligner. Et c’est tout naturellement sur la référence vibratoire de l’humanité que cet alignement va se faire.

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Notice added on June 25 2019: "She is not my type". Donald Trump.

Introduction: I did finalize the writing of « And you sing higher! » on November 27 1997. Today, November 27 2017, I am publishing it for the first time. Why now? Because « And you sing higher », it is a bit as if, 20 years ago, I had anticipated the birth of the

#METOO Movement

Additional dedication on December 6 2017 : To my daughters Aude and Elsa


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And you sing higher!

To the Honourable Pauline Marois, Ministre de l'Éducation, Gouvernement du Québec
To the Honourable Paulette Missambo, Minister of State for National Education and Women’s Status of Gabon.

“If there ever comes a time when the women of the world come together purely and simply for the benefit of mankind, it will be a force such as the world has never known.”
Matthew Arnold

We all belong to the same earthly emotional group. Emotions fall within the realm of the heart. This is where the meaning of things takes root; in other words, the heart is what gives things meaning.

Within the realm of the heart are a certain number of elements that all of us earthly beings have in common. Amazement has no “tradition”, compassion has no culture, curiosity and excellence have no language, and courage has no age. We even have differences in common. For example, in all civilizations, cultures and languages, women’s voices are higher than men’s. In fact, a woman’s voice is not simply higher-pitched than a man’s – it is always higher by the same ratio, the octave.

You don’t need to be a professional musician to understand what an octave is. If you hum a melody whose line, at a certain point, brings you up to a note that’s too high for your voice, automatically, instinctively, you’ll change notes, and, invariably, the note that your voice leads you to is an octave below where you cannot sing. Similarly, if a melody leads you down to a note that’s too low, your voice will jump to the higher octave without you even noticing it. We could call this inherent ability of our auditory perception the “octave instinct”. Therefore, it is not surprising that, in all musical cultures around the world, the octave plays a key role. In all musical systems, the octave is the only true interval.

A sound that is an octave higher than another vibrates exactly two times faster than this other one. The octave obeys the universal principle of alterity and thus corresponds, depending on the perspective you take, to the 2:1 vibration ratio, from higher to lower, or 1:2, from lower to higher. The symbolic significance of this unique vibratory characteristic that is specific to us has nothing to do with the relationship that might be established between the female voice and the number “2” on the one hand, and the male voice and the number “1” on the other. In the realm of emotions, there is no hierarchy. What matters is the existence of a relationship of complementarity in which each derives its meaning from the other. The high octave, “2”, exists only insofar as “1” exists. “2” is not a sound – it’s a relation to another sound. Seen in this light, the octave instinct mentioned above could also just as well be called the “instinct of ‘both’”. And, by extension, as both could be seen as the other with respect to oneself, we end up seeing in all human beings a true “INSTINCT FOR THE OTHER”.

“We cannot do without one another, and if we try, we lose our will to live.” (Lewis Thomas)

At birth, all voices are at “2”. The vocal cord vibration mode, called the biphasic mode, is the same for a girl’s voice as it is for a boy’s. It’s only at puberty that the male vocal cords switch to single-phase mode, which lowers the voice by an octave. However, the physical explanation of this change does not explain its meaning. Nor does it explain why in women, the vibration mode of the vocal cords remains constant throughout their life. However, we do know that, in many spheres of human activity, stability serves as a reference. This leads us to the following observation:

The female voice is the vibratory reference for the human species.

Nature is good at what it does. If Life was careful to make the female voice the vibratory reference for humanity, it is reasonable to believe that it was also careful to provide humanity with a custom-made tool to respond to it, a tool whose frequency response would be remarkably well adapted to the female voice. This tool exists, of course, and it exists even before our birth. This ideal complementary communication tool is our ear. In fact, when a child is born, there is only one part of their body whose physical development is complete: the inner ear. What is even more singular about the fact that the female voice is one octave higher than that of a man, is that it is located in a frequency band that our ear is more sensitive to. Thus, another observation can be made:

The ear invites humanity to refer to the female voice.

And the invitation isn’t new. In fact, all of us were fetuses once. Our first contact with the outside world, with the other, is through the female voice.

The source of the self is found only in the other.

Humankind’s emotional memory has its deepest roots in the voice of the mother. It is through the female voice, in the discovery of the other as an entity apart from oneself, that the self recognizes and defines itself and that the concept of identity takes shape. A third observation can thus be made:

We discover the other through the female voice.

The vibratory reference for humankind, the female voice, the one that sings higher, the one through which self asserts itself in the discover of the other, this reference voice, is a bridge. And the main function of a bridge is to be a go-between, to unite. Women have always been a go-between...If we want to see the 21st century and beyond, we need to take our cue from them.” (Joan Martin-Brown)

The future of humanity is in the hearts of those who sing higher.

Being attuned to the vibratory reference of humankind – isn’t this the same as “taking a cue from them” – the women of the world? Round-and-Blue heralds the emergence of an authentically global type of solidarity. Its arrival is inevitable, as we need it. For humankind, it’s a matter of survival; and so, instinctively, all the elements needed for its emergence are already in development. All that is needed now is to gather them together and give them meaning, an emotional orientation that will bring them into alignment. And it’s very naturally on humankind’s vibratory reference that this alignment will occur.

This alignment on the female voice can already be heard everywhere in the words of those who sing higher. In the midst of a succession of failures of materialistic ideologies that are activated only for short-term gain, women’s voices are the main source of HIGH THINKING, the type of thinking that prioritizes our children’s futures, that is far-sighted, that acts for the sake of the long term. Global solidarity comes into alignment from the hearts of those who sing higher, in the unifying resonance for which women have always been the reference for humankind.

Taking into consideration those who sing higher means doubling humankind’s potential for development” (Joan Martin-Brown). But still today, does humankind take women’s voices into consideration enough? Can we imagine the birth of a global solidarity whose alignment occurs separately from HIGH THINKING? I don’t think so.

As a result, far beyond participating in a complementary way to double humankind’s development, it’s up to all the women of our earthly emotional group to take the initiative to bring together the elements needed by this solidarity. Global solidarity is the prelude to Peace. And up to now, the voice of those who do not sing high has not led us to it: “...some will say that such an attitude is somewhat impractical, that life is a matter of getting even, of hitting back, of dog eat dog. To this I answer that we have followed the so-called practical way for too long a time now, and it has led inexorably to deeper confusion and chaos. Time is cluttered with the wreckage of communities which surrendered to hatred and violence.” (Martin Luther King).

The future of humanity is in the hearts of those who sing higher.

May hope blossom!

Nil Parent, November 27 1997======================================================